| Marc HAEBERLIN 
Chez les Haeberlin, on naît restaurateur et la
cuisine est le centre de la vie familiale. Marc est en cuisine comme
son père depuis sa plus tendre enfance. Il entre à l'école hôtelière de Strasbourg,
puis travaille avec les chefs parmi les plus prestigieux de France :
Jean
et Pierre Troisgros, René
Lasserre, Paul
Bocuse, Helmut
Gietz et Gaston
Lenôtre.
En 1976,
Marc Haeberlin rejoint avec brio son père Paul et son oncle
Jean-Pierre. C'est la quatrième génération de
Haeberlin aux fourneaux.
En 1989, Serge Dups, sommelier
de l'auberge depuis 1972 est élu" Meilleur
Sommelier du Monde " .
En 1992,
Marco Baumann dirige " l’hôtel des Berges "
construit par la famille Haeberlin-Baumann pour la clientèle
du restaurant.
En 2000,
Marc est également consultant pour le prestigieux restaurant
Lorenz
Adlon de Berlin
et pour l’hôtel Intercontinental de Tahiti (ex-Beach Comber)
en Polynésie.
En 2004 ,
Pasquale
Léonetti, sommelier
de l'auberge est élu meilleur
jeune sommelier de France.
En 2006,
Pasquale
Léonetti, sommelier
de l'auberge est ré-élu meilleur
sommelier de France.
En 2007 ,
ouverture de l'Auberge de l'Ill de Nagoya au Japon, en partenariat
avec Marc Haeberlin.
Marc Haeberlin dirige aujourd’hui l’Auberge
de l’Ill (une des plus ancienne auberges étoilées
de France), les cuisines et une équipe de 50 salariés.
Il allie avec brio tradition culinaire et modernité en faisant
perdurer la troisième étoile de son père aux
coté de sa sœur Danièle, maîtresse des lieux, et
de son oncle Jean-Pierre.
Pierre Hermé
Héritier de quatre
générations de boulangers pâtissiers alsaciens,
Pierre
Hermé commence sa carrière
à l'âge de 14 ans, auprès de Gaston
Lenôtre. A 20 ans, il devient
chef-pâtissier de Fauchon, où il reste pendant onze ans. Il prête ensuite son
savoir-faire à l'ouverture de Ladurée
sur les Champs-Elysées.
Après l'inauguration d'une boutique et d'un salon de thé
à Tokyo
en 1998, Pierre Hermé ouvre sa première boutique en
France,
à Paris,
au coeur de Saint-Germain-des-Prés
en 2001. En 2004, c'est une seconde boutique qui naît à
Paris, dans le 15e
arrondissement. Reconnu tant en France qu'outre-Atlantique, il publie
en 2005 'The Cook's Book', qui remporte le prix du Best Cookbook
Design et est surnommé par la presse américaine le
'Picasso de la pâtisserie'. Le savoir-faire et l'expérience
de Pierre Hermé en font le chef de file des pâtissiers
français actuels.
Cet
homme est un esthète ! Il suffit de regarder l’image de
Jean-Georges Vongerichten pour le
deviner ; lorsque vous apprenez que le photographe est Patrick
Demarchelier le photographe des stars - on n’oublie pas ses
photos de la Princesse Diana - vous êtes déjà
séduit. Une rencontre s’impose ! Donc, merci à
Richard, à Céline, à Éric et à
Monia pour la mise en œuvre. C’est dans son restaurant de
l’avenue Matignon, MARKET, à
Paris que l’on se retrouve. L’homme est gentil, élégant
et généreux.
Ce
Chef d’entreprise aux 14 restaurants dans le monde avec ses
2500 employés, qui parcourt la planète toute
l’année et dont le temps est mesuré nous
consacre 2 heures de son court séjour parisien par
respect pour nos lecteurs. Le naturel et la sincérité
sont évidents ; le « Meilleur Chef du Monde »
, plusieurs fois consacré « Meilleur Chef de
l’Année» par la Presse américaine a
conservé la tête froide, il sait rester modeste et
disponible. Un bel exemple de réussite.
Le public
adore sa cuisine et tous ses restaurants connaissent le
succès. L’ouverture en France, avec des associés
prestigieux – Luc Besson et François Pinault
– lui permet de venir souvent à Paris pour nous faire
découvrir son travail.
La gastronomie de
Jean-Georges est admirable pour ses parfums, ses couleurs, ses
saveurs et ses goûts. Chaque plat livre des sensations
nouvelles, le palais renaît à chaque bouchée,
à chaque instant l’émotion gagne.
L’équipe du MARKET
est à l’image du Patron, gentille, disponible et
ouverte. Ici, rien n’est plus important que le client. La
capitale ne peut pas se passer de Jean-Georges. Notez cette
adresse indispensable. Voilà une chance de se faire
plaisir. Un conquérant français de la
gastronomie universelle est à Paris.
Courrez y
!
Jean-Georges
répond à nos questions :
Alain
Fusion : Comment et pourquoi avez-vous eu envie de devenir
Cuisinier ? Jean-Georges Vongerichten : J’ai découvert
la Cuisine en famille. À la maison, en Alsace, ma mère
et ma grand-mère faisaient la cuisine chaque jour pour 25
personnes, mes deux frères, ma sœur, mon père et
le personnel de l’entreprise familiale de charbon. On mangeait
beaucoup de choux ! Pendant mes études d’ingénieur
et pour mes 17 ans, mes parents m’ont invité à «
L’Auberge de l’Ill » à Illhaeusern. Ce repas
d’anniversaire a été « le déclic
».
Où avez-vous appris la Cuisine ?
Comment se sont faites vos évolutions ? J’ai
commencé comme apprenti le 14 juillet 1973, chez Paul
Haeberlin à « L’Auberge de l’Ill ».
Ensuite j’ai travaillé chez Paul Bocuse et chez Louis
Outhier à La Napoule. Toujours dans des établissements
3 étoiles. En 1981 je suis à Bangkok et
ensuite à Hong Kong ; pendant 5 ans je vis en Asie et
j’ouvre une dizaine de restaurants pour Louis Outhier. Je
découvre les senteurs de l’Orient et les épices,
j’en envoi beaucoup en France d’où l’on m’expédie
du foie gras ; cette période est pour moi celle d’un
véritable choc culturel !
Depuis quelle date
êtes-vous installé aux Etats-Unis ? J’arrive
aux Etats-Unis en 1986, pour le compte de « Outhier
consultant », d’abord à Boston et très
vite à New-York au « Lafayette » du «
Drake Swisshôtel » avec 25 collaborateurs, où
à 29 ans le New York Times me décerne 4
étoiles.
Quel est le nom de votre premier
restaurant ? Pourquoi avez-vous choisi ce nom ? L’installatio n
à mon compte, je m’en souviens bien : elle s’est
faite pour le premier jour de la première guerre du
Golfe, cela ne s’oublie pas ! Le restaurant s’appelle
Jojo et je l’ai toujours. C’est le diminutif que l’on
me donnait à la maison lorsque j’étais enfant.
À Paris Market évoque le marché
traditionnel mais aussi le marché de l’Art, c’est un
clin d’œil à mon partenaire « Christie’s »
du groupe Artemis SA. Je suis associé ici avec François
Pinault et Luc Besson.
En quelle année
avez-vous crée votre premier restaurant ? L’ouverture
s’est faite en Avril 1991 (la signature date de Janvier).
J’ai obtenu le financement d’un client qui est le
producteur de Michaël Jackson. À la suite
d’un déjeuner, il m’a fait un chèque de 250
000 dollars en 5 minutes. Il a été remboursé
en 6 mois et nous sommes toujours associés. Nous
avons ensuite ouvert le Vong en 1993, avec cette fois un
investissement de 1 million de dollars et un chèque
immédiat après un repas. Le succès du
public et de la critique a été très
rapide.
Comment s’organise l’emploi du temps d’une
journée type d’un grand Chef également chef
d’entreprises ? Je suis à mon bureau de Soho de
9h à 11h et je passe 6 heures par jour dans les
restaurants. Dans le monde j’emploie 2500 personnes dans
une douzaine de restaurants, alors je voyage beaucoup. Chaque
année à partir du 15 août avec mes Chefs
nous allons en Asie où j’ai conservé de nombreux
amis, nous passons en Thaïlande, en Birmanie et en
Indonésie pour conserver le savoir-faire et la maîtrise
des épices. Le succès du « Vong »
de New York m’a incité à ouvrir de s
établissements à Londres en 1995 au «
Berkeley Hotel », à Hong Kong en 1997 au «
Mandarin Oriental Hotel » et en 1997 à Chicago. Et
puis il y’a le restaurant principal qui absorbe beaucoup de
temps, le « Jean-Georges » dans la Trump Tower à
Central Park. Et aussi le « Mercer Kitchen »
ouvert en 1998 à Soho avec une carte d’inspiration
americano-provençale. La même année nous
avons inauguré le « Prime » à Las
Vegas au « Bellagio Hôtel » ; nous avons aussi
le « Dune » à « l‘Ocean Club »
de Paradise Island aux Bahamas. L’ouverture du «
Lipstick Café » dans un lobby d’immeuble
new-yorkais, avec une cuisine de type italienne remporte un vif
succès du public ; nous y servons plus de 1000 couverts
par jour. Et enfin, il y’a Paris où je viens tous
les mois.
À Paris, quels sont vos choix
gastronomiques pour MARKET ? J’ai voulu installer à
Paris le mélange de 3 concepts de New York : les épices
du Vong, le style bistrot du Jojo et la
décontraction italienne du Lipstick café. L’ouverture
à Paris est pour moi un plaisir, j’aime venir ici ;
pouvoir faire découvrir mon travail et la gastronomie de
mes restaurants de New York est une joie.
Quel est
votre plat préféré ? J’apprécie
les poissons crus, par exemple une daurade rose émincée,
avec de l’huile d’olive, du poivre de Séchouan et un
sorbet à la rhubarbe. J’aime les saveurs inédites
et compréhensibles.
Qu’aimez-vous qu’un
client vous dise après dîner ? «Merci
pour l’assortiment des saveurs, le personnel est gentil et
j’ai trouvé du plaisir».
Où
aimez-vous aller dîner à Paris ? À
Paris, j’aime aller chez Alain Passard à L’Arpège
, chez Pierre
Gagnaire , mais aussi à
L’Astrance.
J’ai découvert dernièrement le Kong.
Quel
est votre principal trait de caractère ? Je prends
les choses comme elles viennent… et j’ai envie de donner du
plaisir aux gens.
Si vous deviez changer de métier,
quel métier feriez-vous ? Designer, sans
hésiter.
Quel est votre rêve d’enfant
qui n’a pas encore été réalisé
? Je vis mes rêves d’enfance. Je suis en
Cuisine.
Photos : Patrick
Demarchelier, DR
MARKET 15, avenue
Matignon 75008 Paris 01 56 43 40 90
Christophe
Felder
Pâtissier
"Le
secret d'une bonne pâtisserie : ce sont des produits bons,
frais et des doses minutieusement respectées" Christophe
Felder, qui vient de quitter l'Hôtel de Crillon, où il a
été pendant 15 ans chef pâtissier, sort son
cinquième livre "Mes 100 recettes de gâteaux".
Rencontre. (Mai 2004)
Comment vous est venue la
passion de la pâtisserie ? Christophe Felder Je
baigne dedans depuis que je suis tout petit. Mon père est
boulanger à Schirmeck, en Alsace. Petit, je parlais souvent
avec le pâtissier, plus qu'avec mes parents qui n'avaient pas
le temps. Pour moi, la pâtisserie ça n'a jamais été
synonyme de travail. J'aime faire des gâteaux en y ajoutant ma
touche personnelle, tout en restant simple.
Comment s'est passé
votre apprentissage ? J'ai fait trois ans d'apprentissage à
Strasbourg, où j'ai appris les bases. Puis j'ai travaillé
chez Oberweis au Luxembourg, chez Guy Savoy à Paris et je suis
devenu chef pâtissier de l'Hôtel de Crillon. C'est là
que j'ai vraiment appris le métier, que j'ai pu exprimer ma
créativité. J'y suis resté 15 ans, j'en suis
parti en janvier. J'ai lancé ma propre structure et je fais
maintenant des créations de recettes pour des sociétés
de pâtisseries implantées au Japon, en Chine…
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Le
livre
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Mes
100 recettes de gâteaux, Minerva, 2004, 192 pages,
29 €.
|
"Mes 100 recettes de
gâteaux" est la suite logique de vos quatre précédents
livres ? Oui, après les pâtisseries pour les
fêtes, les clafoutis, les gratins et le chocolat, j'ai fait un
livre sur les gâteaux. J'y ai mis mes meilleures recettes de
gâteaux, celles que je fais depuis des années, et je les
ai classées par catégories : "Mes gâteaux
tout simple", "Mes gâteaux des grands jours",
"Mes gâteaux du monde"…
Quel est pour vous le secret
d'une bonne pâtisserie ? La fraîcheur… Pour
faire une bonne pâtisserie, c'est simple, il faut des produits
bons et frais, il ne faut hésiter à y mettre le prix.
C'est aussi une question de bon dosage : par exemple quand on
fait un gâteau poire/noisette, il faut bien peser, doser les
ingrédients. La pâtisserie fait autant appel au côté
créatif qu'au côté technique.
Quelle est votre pâtisserie
préférée ? C'est difficile… J'ai 200
pâtisseries préférées… Peut-être
un feuilleté à la mirabelle en saison, avec une pincée
de thym ou de la vanille.
Créez-vous souvent de
nouvelles pâtisseries ? Je crée suivant mes
envies. Pour cet été, j'ai créé la gamme
"Parfums de vacances". Il y a par exemple le gâteau
"Pareo", au litchi/pamplemousse, avec un biscuit à
la pistache et dedans une gelée de groseille. Ou encore le
gâteau "Bikini", une crème légère
au fromage blanc et au citron avec un palet mangue/abricot et un
biscuit au lait d'amande.
Comment pensez-vous que va
évoluer la pâtisserie ? Je pense que cela va se
diviser entre les artisans faisant des pâtisseries de très
bonne qualité et les sociétés faisant des
pâtisseries industrielles, et que ceux qui sont entre les deux
vont avoir du mal à se maintenir. Faire de la bonne pâtisserie
demande du temps et de l'argent car les bons produits coûtent
cher. Il faut aussi savoir se démarquer pour se faire une
place.
Maintenant que vous avez quitté
le Crillon, quels sont vos projets ? J'avance doucement mais
sûrement. Je viens de terminer mon sixième livre sur les
glaces et les sorbets. Je vais ouvrir un café-pâtisserie,
mais je ne sais pas encore si ce sera à Paris ou en province.
J'ai vu mes parents tenir pendant près de 40 ans un commerce
et je sais que cela demande beaucoup d'énergie.
Propos
recueillis par Emilie Godineau
Le site de Christophe Felder
Christine
Ferber
Pâtissière-chocolatière-confiseuse
"Il
faut travailler les fruits en douceur avec l'envie de les sublimer" Christine Ferber, la "fée
des confitures" comme on aime à l'appeler, nous fait
partager sa passion pour le sucré, pâtisserie et
chocolat, et nous parle bien sûr de l'art de faire de bonnes
confitures... (Septembre 2004)
Vous êtes
pâtissière-chocolatière-confiseuse. D'où
vous vient cette passion du sucré ? Christine
Ferder C'est une passion familiale : mon arrière
grand-père et mon grand-père étaient boulangers,
mon père était boulanger-pâtissier-chocolatier.
Tous les dimanches, dès mon plus jeune âge, j'allais
l'aider, j'adorais faire des gâteaux avec lui : des tartelettes
aux fraises, des éclairs… Chez ma grand-mère, qui
avait un grand verger, j'ai appris la culture et la récolte
des fruits, la fabrication des confitures… Et puis en Alsace, au
moment de Noël, les familles font des dizaines de kilos de
petits gâteaux : petits fours, petits sablés, stollens,
berawekas… C'est une tradition qui vient d'Europe centrale.
Et par la suite, comment c'est
passé votre apprentissage ? Je suis partie faire
une école à Bruxelles parce qu'en France, à
cette époque, on ne prenait pas de fille dans le milieu de la
pâtisserie. L'école a duré 3 ans, j'ai ensuite
remporté la coupe de France des jeunes pâtissiers, et
puis je suis partie travailler 1 an à Paris, chez Peletier,
rue de Sèvres. Enfin, à 24 ans, j'ai repris la boutique
de mes parents et j'ai développé les branches
pâtisserie et chocolaterie. Mon père en faisait
occasionnellement, le dimanche et au moment des fêtes. Moi,
j'ai rendu la fabrication des pâtisseries et des chocolat
quotidienne.
|
Le
livre
|
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Merveilles,
délicieuses recettes au pays d'Alice, Editions du
Chêne, 2004, 176 pages, 39€
|
C'est amusant car
aujourd'hui les gens vous connaissent surtout pour les
confitures… Oui, pourtant les confitures ne représentent
que 25 % de ma production. Je me suis mise à vendre des
confitures par hasard… Un jour, on m'a amené un superbe
panier de griottes et je me suis dit "tiens, pourquoi ne pas
faire des confitures pour décorer la boutique ?"
Nous ne pensions pas les vendre car en Alsace, tout le monde a son
verger et ses fruits. Mais les clients, en voyant les pots, ont
demandé s'ils étaient à vendre et nous leur
expliquions que c'était pour décorer. Au bout de la
cinquième demande, j'ai décidé de les vendre, et
c'est comme ça que l'aventure a commencé…
A quoi ressemble votre
quotidien ? Je me lève vers 5 h du matin. Le
mercredi, je vais chez un marchand de Colmar qui ramène des
fruits de Rungis que nous n'avons pas en Alsace : figues, abricots,
fruits exotiques… A 6 h, j'arrive à la boutique et je
commence à faire les pâtisseries, le pain, les
macarons... Il s'agit surtout de commandes car nous sommes dans un
petit village où il y a peu de passage. A 13h30, je passe à
la fabrication des confitures. Cela dépend de l'arrivage, car
je ne travaille que des produits frais. En ce moment, je fais des
confitures de pêches, de quetsches, de figues, de pommes, de
poires, de coings… Fin novembre, c'est la fin de la saison des
confitures, je passe alors à la fabrication du pain d'épice,
puis des chocolats à l'approche des fêtes. Mon travail
suit le rythme des saisons. Vers 19 h, j'arrive chez moi, je
jardine, je lis, je cuisine, ou encore j'écris des livres, mon
huitième livre de cuisine va bientôt sortir...
Vous avez été
nommée Chef pâtissier de l'année en 1998.
Qu'est-ce que cela représente pour vous ? C'est
important parce que c'est une reconnaissance de mes pairs, c'est
important aussi parce qu'il y a peu de femmes qui percent dans ce
milieu. Et puis, cela donne plus d'énergie pour continuer.
Mais un titre ne change pas le quotidien, il faut se remettre en
question tous les jours.
Pour quels grands cuisiniers
faites-vous des confitures aujourd'hui ? Pour Alain
Ducasse par exemple, je fais des confitures qu'il sert avec du
fromage. Pour Philippe Legendre, au George V, je fais une
gelée de pamplemousse qu'il sert avec un turbot. Pierre Hermé
me demande des recettes spécifiques, il m'indique les parfums
qu'il souhaite et moi je crée. Dernièrement j'ai fait
pour lui une confiture framboise-figue à la cannelle
caramélisée qui s'appelle "Garance".
Que pensez-vous des confitures
industrielles ? Je ne critique jamais. Mes confitures
sont chères, mais leur fabrication demande beaucoup de
main-d'œuvre. Celle-ci est nécessaire pour préserver
le bon goût, la bonne texture, la belle couleur des fruits. Je
travaille 4 kilos maximums de fruits en même temps, ce qui
donne en moyenne 20 petits pots. C'est un éternel
recommencement… Dans les usines, c'est 50, 100, 200 kilos de fruits
qui sont cuits en même temps. Ce n'est pas le même
marché, ce n'est pas pour les mêmes moyens. Je ne
critique pas car certaines personnes ne peuvent pas s'acheter mes
confitures tous les jours. Mais personnellement, la composition avec
conservateurs des confitures industrielles ne me convient pas.
Quel est le secret de la
réussite des confitures ? D'abord, il faut avoir
de très beaux et de très bons fruits. Moi, j'ai la
chance de travailler avec des agriculteurs qui me gâtent.
Ensuite, il faut du temps et de la patience. Il faut travailler les
fruits en douceur, ne pas les abîmer, pour qu'ils rendent ce
qu'ils ont de plus beau, tant au niveau de la texture, de la couleur,
de la saveur… C'est comme pour les pâtisseries et les
chocolats, il faut avoir envie de sublimer le produit, avoir envie de
faire plaisir, à soi, mais aussi aux autres. Je dirais qu'il
faut vivre la matière, être en osmose avec elle. Je
garde toujours le souvenir de mon père travaillant la pâte,
l'odeur, la couleur, la texture, et à chaque fois je me dis
"je vais faire une pâte aussi belle que celle de papa".
En fait, il ne faut pas faire les produits pour faire de l'argent,
mais pour faire du beau. Cela demande de rester intègre, de ne
pas tricher.
Peut-on faire des confitures
avec tous les fruits ? Oui, le sucre est un conservateur,
le mot "confiture" vient de "confire" qui
signifie : faire pénétrer au cœur du produit pour
prolonger la vie. On peut aussi faire des confitures avec des
légumes. La rhubarbe est un légume alors que la tomate
est un fruit, souvent les gens pensent l'inverse. De plus, il n'y a
pas de limite dans l'association, moi je respecte juste le rythme des
saisons. Par exemple, je ne vais pas mélanger de la rhubarbe,
mûre en avril, avec du coing, mûr en octobre. Il faut
aussi connaître les puissance de goût pour définir
le bon équilibre du mélange. Par exemple, je mettrais 1
kilo de pêche, qui a une faible puissance de goût, avec
100 g de rondelles d'orange et 3 pointes de couteau de cannelle.
Quelle est votre confiture
préférée ? Je suis fidèle à
la première que j'ai faite, la confiture de griottes,
dénoyautées à la main. Elle est belle, et j'aime
son goût d'amande un peu acidulé. J'aime bien aussi la
confiture de coings, c'est le dernier fruit de l'année, il
annonce les fêtes. Il n'est pas joli mais il a un parfum
magique quand on le travaille, sa saveur un peu épicée
est très complexe.
Qui a eu l'idée de votre
prochain livre "Merveilles, délicieuses recettes au pays
d'Alice" ? C'est Philippe Model,
styliste-décorateur, grand créateur de chapeaux et les
chaussures, qui a eu l'idée du livre et qui a mis en scène
les recettes. Pour créer les 80 recettes du livre, je me suis
donc inspirée du monde d'Alice, un monde onirique et
tourmenté. J'ai créé des recettes de gâteaux
vivants, colorés, épicés, avec une connotation
anglaise aussi puisque le romancier, Lewis Carroll, est anglais.
C'est un livre de recettes mais aussi un livre d'images, il est assez
moderne. Je vous laisse le découvrir…
Pour finir, avez-vous déjà
pensé à avoir un site Internet pour votre boutique ?
Oui, j'y pense, mais vous savez, je fais les choses
doucement, il me faut du temps. Pour le faire, je veux des personnes
qui me conviennent, en qui j'ai toute confiance. Mais c'est vrai que
ce serait bien pour présenter mes produits et donner des
recettes.
Propos
recueillis par Emilie Godineau  Maison
Ferber 18 rue Trois Epis, 68230 Niedermorschwihr Tél :
03 89 27 05 69 Autres points de vente : Pierre Hermé,
Lafayette Gourmet, Le Bon Marché...
Gilbert Schluraff

Gilbert Schluraff est le patron de la Boucherie-Restaurant
« Metzgerstuwa » à Soultz. Il mise sur la qualité et l’originalité des
produits fabriqués dans sa boucherie accolée au restaurant qu’il
utilise pour cuisiner.
La bonhomie, la taille et le franc parler de cet Alsacien sont
aussi copieux que ses assiettes très traditionnelles. Il est une des
grandes personnalités de notre région.
Sa recette des Ferdamfedi Hardepfel
Ingrédients
- des pommes de terre coupées en lamelles
- des oignons revenus dans du beurre
- du persil
- du vin blanc
Préparation
- faire revenir les pommes de terre dans du beurre et de l’huile
- ajouter les oignons
- mélanger
- quand les pommes de terre sont prises, verser le vin blanc
- laisser mijoter avec le couvercle
- ajouter le persil à la fin
 Restaurant Metzgerstuwa
69 rue Marechal de Lattre de Tassigny
68360 Soultz
Tél. : 03 89 74 89 77
Fax : 03 89 7614 63

Cliquez sur le mot retour (au-dessus en bleu) pour voir G. Schluraff à l'action....
Pierre Probst le papa de Caroline, la plus craquante des cuisinières.
Pierre Probst (né en 1913
à Mulhouse
et mort le 12 avril 2007 à Suresnes (92)),
est un dessinateur français,
surtout connu comme créateur du personnage de Caroline,
héroïne de livres pour enfant
Biographie
Il étudie aux Beaux-arts
de Mulhouse et
devient, dans un premier temps, dessinateur de cartons de soierie,
dessinateur publicitaire, retoucheur photo, photograveur, travaillant
notamment pour les chocolats Suchard
et créant son petit chien
noir emblématique.
Il est fait prisonnier au début de la Seconde
Guerre mondiale et s'évade pour rejoindre Lyon puis Paris.
Caroline
Quarante-trois livres de la série Caroline se sont
vendus à près de 38 millions d'exemplaires depuis 1953,
date de création de ce personnage. Cette jeune fille d'environ
sept ans, blonde à couettes, mène une vie indépendante
au milieu d'une bande d'amis : les chiens Bobi et Youpi,
les chats Pouf et Noiraud, l'ourson Boum... Le
prénom choisi de l'héroïne est celui de la
grand-mère du dessinateur, son caractère celui de sa
fille Simone.

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